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Hanoï, enfin, mai 2019

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mai 10, 2019 par admin

Le 6 mai 

Arrivés à Hô Lak à 18h après 250 km de moto.

À 18h05, la nuit tombait d’un coup.

À 18h10, les moustiques attaquaient.

Traversée de la province de Dak Lak depuis Nah Trang avec nos deux drivers moto ; Tan et Han. Couverts et casqués malgré la forte chaleur (38°), quittant Nah Trang par la route de la côte, nous longeons la mer et la baie découpée de nombreuses îles, montagneuses qui font face aux ports et élevages de crevettes. La route est large et entretenue, parcourue de milliers de deux roues et autres véhicules. Des villages, des villes, des élevages de crevettes et des rizières se déploient de part et d’autres de ce tumulte. La chaleur écrasante est atténuée par la vitesse,  bien que les compteurs semblent bloqués à 50 KM.

Les drivers sont prudents ; j’ai annoncé qu’il fallait rouler doucement.

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En bifurquant vers la route de l’intérieur, la chaussée est moins bien entretenue, voire pas du tout. Nids de poules, affaissements, cailloux. On roule droit vers les montagnes entièrement recouvertes de végétation. Les rizières au tracé rectiligne nous jouxtent. Le riz est déjà ramassé. Il sèche de part et d’autre de la route, devant les maisons, sur des bâches ou à même le sol.

En approchant de la montagne, basse, comme de hautes collines, la végétation s’intensifie. Les bananiers sauvages encadrent la route, des pruniers à flan de colline. Les nuages, absents depuis notre arrivée à Nah Trang il y a 5 jours, semblent chapeauter les sommets. La température baisse baisser quelque peu entre les pentes d’hévéas, de caféiers, de poivriers. La circulation est raréfiée, le Vietnam de l’intérieur s’offre enfin.

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Partout des vaches, des chiens et des chiens, des cochons noirs avec leur marmaille.

En plus c’est l’année du Cochon, et je suis cochon dans le calendrier chinois !

Des camions de sacs de riz, de canne à sucre, de rondins de bois nous dépassent.

Les déjeuners de bord de route sont épiques et comment dire…On ne sait que choisir ! Assis sur des chaises basses en plastique, à la merci des bruits de moteurs, des gaz et des klaxons, nous avalons du ? du ? riz ; Et oui, gagné !

Je mâchouille des bâtons de canne à sucre dès que possible.

On s’arête souvent pour dégourdir les jambes. A 50 à l’heure, la route est très très longue. Les vibrations saisissent les isquions et remontent dans toute la colonne. Les jambes et les pieds se contractent sur les cale-pieds. Mais nous pouvons acheter de l’eau partout, et des petits hamacs suspendus dans chaque halte, permettent à tous les voyageurs de faire la sieste. Car à 11h30, c’est la chape de plomb, la grande torpeur. Tout le monde s’arrête et se repose à l’ombre. Il faut dire qu’ils sont tous au travail à 6h du matin. Alors, dans ces petites haltes d’étape, tu as ta chaise en plastique, tu manges, tu craches, tu cures tes dents, puis tu t’allonges dans ton hamac pendant le pic de chaleur. Il y en a autant que des tables, accrochés les uns à côté des autres.

C’est surtout mon driver Han, qui boulote, qui mâche, fume, crache, rote, se cure tout ce qu’il peut. Je tourne la tête…Il conduit prudemment.

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Nous traversons des kilomètres de plantations d’hévéas, ombragées, milliards d’arbres bien alignés avec leur cicatrice de sang blanc et leur coupelle ; souvenir de la présence des français qui avaient développé la culture du caoutchouc naturel au moment de l’expansion automobile de Michelin. Importé aussi par les français, le café, des collines entières, dire Câ Phé, et les noix de cajous, autant de restes de la présence coloniale en Indochine.

En moto, à petite vitesse, nous pouvons profiter des parfums, l’odeur du riz, du jasmin, de l’encens parfois, puis du feu qui brûle sur les rizières asséchées, ou du feu du soir dans les villages.

À la sortie des collines, une longue route surélevée traverse des rizières à perte de vue. Des buffles ici et là, des cultivateurs qui plantent, qui taillent à la serpe, qui ramassent.

Le vent souffle violemment à cette heure-ci et balaye la plaine, comme s’il se sentait libre après avoir serpenté entre les montagnes. La moto tangue, les rafales arrivent par le flan droit. Quelques gouttes, éparses mais lourdes, nous arrivent de front. Le ciel est noir, les rizières tièdes dans la lumière descendante, rasante. Les moteurs des deux motos ronronnent bruyamment. J’aperçois dans le rétro la moto sur laquelle est Zeph.

L’équipage touche au but.

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Sous l’attaque des moustiques de 18 h 05, nous garons les motos à Hô Lâk – adaptation viet de la locution française « au lac »- village Mnong au bord d’un grand lac dans l’ouest du Dak Lak ; le lak lak. Les français étaient très implantés dans les secteurs. Tandis que les Viet sont majoritaires à 85% au Vietnam, plusieurs ethnies habitent les régions des montagnes vers l’ouest et le nord. Nous entrons dans une longue maison sur pilotis, un plancher en planches larges, parfois ajouré, sous lequel peuvent dormir les animaux la nuit. De larges matelas sont au sol avec leur moustiquaires roses, des ventilateurs, le wifi partout…Dehors une cours en terre battue, des bananiers des bougainvilliers, une sorte de douche, une sorte de toilette, puis la maison d’à côté et ainsi de suite. Les vaches, les cochons, les poules passent entre les cours. Certaines maisons sont en bois et pailles, d’autres en dur. Très peu d’éclairage la nuit, le lac est calme, les animaux sont calmes, la nuit est calme. Mais le coq ne pardonne pas, avant l’aube, il réveille tout le monde. Alors le jour se lève, les planteurs partent dans les rizières avec leurs vaches, les échoppes lèvent le rideau, les éléphants traversent le lac  et la lumière poudreuse du matin balaye la campagne.

7 mai 2019 : Se trouver au Vietnam le jour anniversaire (65è) de la chute de Dien Bien Phù, 7 mai 1954. Après les désastres de Cao Bang et Lan Song, c’est le coup de grâce ! Les troupes françaises sous les ordres du général de Castries tentent de tenir les positions nommées Huguette, Béatrice, Eliane, Claudine, Isabelle.  Mais le Viet Minh, équipé d’armes russes, traverse la jungle avec des pièces d’artilleries démontées, invisibles, petit à petit, puis remonte les pièces sur les hauteurs. 57 jours de combat incessant,  8000 morts côté Viet Minh, 2293 côté troupes françaises (Viet Cong + la coloniale + la légion + les troupes d’Afrique). La fin de l’Indo. Impossible de ne pas y penser tandis que nous traversons ce paysage de jungle et que le drapeau Vietnamien flotte devant les maisons, les places, le portrait d’Hô Chi Minh trône sur les bâtiments officiels. 

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L’équipage Easy rider, pouce levé démarre pour 150 km plus loin à l’ouest, vers la frontière Cambodgienne. Des plantations bordent le chemin. Les milliards d’hévéas, à présent possession gouvernementale, servent à la fabrication des pneus, des chaussures, et aussi…des préservatifs, car les familles sont à présent limitées à 2 enfants. Eh bien ils ne doivent pas être top car toutes les femmes sont enceintes et il y a des enfants partout. 99 millions de Vietnamien sur un territoire qui fait la moitié de la France, ça fait du monde. Ils sont tous jeunes…Le milliard arrive !

Les plantations sont des lieux paisibles, ombragés donc plus frais, avec des tâches de lumières au sol, mouchetées. Le caoutchouc liquide a déjà été ramassé entre la saignée de 4h et le ramassage de 6h. Le reste est une gomme blanche assez solide qui stagne dans la coupelle, jusqu’au lendemain.

La production d’arabica est aussi large, des plants poussent partout et des Câ Phé sont ouverts à tous les coins de rue.

Les poivriers grimpent sur de hauts arbres tuteurs et les grains en grappe se ramassent verts. Ils noircissent en séchant au soleil.

Les cajous poussent dans des arbres et le fruit qui surplombe la noix est sucré, juteux et un peu âpre. Les noix sèchent et sont triées à même le sol.

Nous atteignons un parc national où trône une large chute d’eau, la plus haute du pays, en pleine nature avec des arbres dégoulinant de lianes. Un zoo jouxte cet ensemble touristique en piteux état. D’ailleurs, si quelqu’un peu signaler au WWF la misère des animaux dans ce mini zoo aux cages minuscules, dépouillées et sales.

Je ne sais pas si c’est parce que nous sommes au Vietnam, mais nous soulevons des nuées de papillons jaunes, couleur absinthe. Ils volent autour de nous sur des centaines de kilomètres. Sur des pistes de montagnes, nous voyons une petite tâche vert amende au loin, puis lorsque la moto approche, un nuage de papillons se lève, par magie. Un rêve de beauté.

Le long de la route, des camions abandonnés, des citernes rouillées accumulées dans le fossé, une vielle roue de manège avec ses nacelles tordues mangée par la végétation, des dizaines de gros bateaux rouillés, rempli d’eau, penchés sur la berge d’un fleuve. Les scooters nous encerclent au passage des villes, les voitures, majoritairement importées de Corée car les chinoises « no good ».

Nous dormons à Buon Ma Thuot, la ville du Café et aussi, autre haut lieu de bataille contre l’armée américaine…Les Câ Phé, sont peut-être plus nombreux qu’à Paris, dont certains avec des noms américains, ironie du sort.

La campagne sent le riz, l’encens, le jasmin, la canne à sucre.

Les flamboyants flamboient,

Les frangipaniers poudroient,

Les bougainvilliers dégueulent.

Soudain l’odeur de la terre mouillée. La pluie nous tourne autour, sur les hauteurs, dans les collines, attachée aux cimes des arbres, glissant entre les pentes. Tombera, tombera pas. Les éclaires zigzaguent sur le ciel noir. La pluie d’abat autour, au loin. Quelques gouttes chaudes nous atteignent, nous roulons doucement dans la pente et à travers les nappes d’eau rouge qui traversent à présent la chaussée. Des rivières rouges jaillissent de part et d’autre du bitume.

Arrivés dans la plaine, nous marchons le long d’une route de verdure absolue. Les plants de riz tous frais sont d’un vert insolent, les arbres tendent leur feuilles, les plantes crient leur joie à cette pluie qui vient de les régaler. La nature semble dire merci au ciel gris. Et le parfum de la pluie, dans ce silence intense regorge de vigueur et d’énergie.

La chaleur, la pluie, garantissent de la nourriture à tous ici, riz, bananes, poissons (3200 km de côtes), sans compter vaches, cochons, poulets…

Le déjeuner de retour en direction de Nah Trang se fera sur des nattes au sol, dans la maison de notre driver. 30 bols remplis d’éléments flottants sont posés au centre. Dix personnes assises en tailleurs autour, surtout les hommes. Les femmes et les enfants ont déjà mangé. Je vise les produits plus identifiables, plus secs. Zeph choisi une tête de poulet, des pattes, tout se mange. Mais on craint le pire. C’est bête hein ?

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Nah Trang, le 8 mai. La ville dans la quelle nous avons déjà passé 4 jours à l’arrivée est une immense ville touristique en bord de mer. De hautes tours/hôtels trônent le long de la plage tandis qu’une ville plus ancienne se maintient en deuxième ligne. Les touristes sont essentiellement russes. Pour une ancienne base américaine, ça fait moyen, tout de même ! Même les cartes des resto sont en russe. Il y a aussi les chinois. Ambiance ! Les lignes aériennes arrivent directement de Moscou et de Ghangzou.

Nos drivers nous ont conduits « out of town », dans un orphelinat paisible où les jeunes et moines soignent le temple, les plantes, les arbres sont une ombre salvatrice.

Puis ce sont des éleveurs de coqs de combat qui ont interrompu notre route, deux coqs, à l’entrainement, surveillés par leurs propriétaires qui espèrent en tirer pas mal d’argent.

Ensuite, la fabrication des pâtes de riz dans une petite entreprise familiale. Une odeur de ferment baigne l’atelier dans lequel est cuit le riz, puis transformé en farine. Ensuite il part dans un tube qui le sépare en filament (pâtes chinoises), elles sont cuites, recuites, lavées, rincées et envoyées en ville vers les marchés du matin dans de grands paniers recouverts de feuilles de bananier. La vie laborieuse et ordinaire.

Devant presque toutes les maisons, les temples, les places, poussent de remarquables arbres en pot. Nous dirions bonzaïs, mais ils peuvent être très gros, très hauts, très vieux, avec des troncs tortueux, des racines torsadées, des ramures touffues et organisées. Des bougainvilliers, des ficus et autres inconnus parfois centenaires qui se tiennent dans des pots de trente cm de profondeur. Cette qualité de plantation et d’entretien est impressionnante.

En revanche, le jour où le Vietnam ramassera son plastique, ce sera un grand pas, car il y en a partout et ils l’utilisent pour tout, partout, du sachet à la paille aux gobelets et autres emballages et tout fini dans la nature et sur les bas-côté. Il y a du boulot !

Hanoï, enfin, le 9 mai. Un orage noir et une énorme pluie a sans doute décalé notre vol d’une demi-heure. Mais nous sommes installés à l’hôtel Le Carnot, au cœur de l’ancien quartier français de la ville. Les arbres de la place sont tellement haut qu’ils jouxtent les baies vitrées du 7 è étage.

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La ville grouille en bas, de scooters, de vieilles maisons aux balcons incertains, de fils électriques…

Je recommande notre hôtel : Le Carnot, face à la place ombragée sous sa canopée de hauts arbres, se trouve au nord du vieux quartier français. Très bien situé, très accueillant, personnel très agréable, qui peut aider pour l’organisation de vos envies…

http://hotellecarnot.com/

D’un côté, des rues à larges trottoirs et hauts arbres construites de maisons énormes et remarquables, anciennes maisons coloniales, qui mène au quartier présidentiel, parc, mausolée Hô Chi Minh, quartier des ambassades et des centres administratifs.

Voilà ce qui arrive quand on croise des apprentis coiffeurs dans un parc à Hanoï :

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Pas mal non ? Même pas peur !

Plus loin, le vieux quartier avec ses maisons agglutinées entre fils électriques, balcons, plantes, linge qui sèche, tabourets sur le trottoir et service de soupes à éléments flottants…

Et sa voie ferrée :

train-hanoi-habitants-600x400 downloadAutour du lac, j’entends comme…

La ville se réveille 5h30/6h. Les premiers viennent faire leur gym dans le parc en bas de l’hôtel, ils dansent en musique, courent partout. Puis, à partir de 6h, c’est le flot de scooters, croissant jusqu’au soir, tard…Et le cri du coq au milieu de la ville, jusque tard dans la matinée !

Les rues s’entrelacent par catégories ; quincailliers, lanternes, papiers, vêtements, textiles/couturiers, etc. Moteurs et klaxons incessants. Marcher dans les rues est un sport du genre slalom, entre les gens, les véhicules, qui ne s’arrêtent pas, il faut passer au jugé et suaver sa peau ! Autour du lac, fermé à la circulation à certaines heures et en week end, un flot humain, joyeux, jeune, voire très jeune. Partout des jeux pour enfants, des loueurs de voitures électriques pour enfant. Tout tourne autour de l’enfant, il y en a partout, ils courent partout, ils crient partout. Ils sont choyés, encensés et apparemment très très capricieux. Elevés comme la génération d’enfant unique en Chine, à voire ce que cela va donner plus tard. Mais, ils n’ont pas l’air aussi unique, car beaucoup de famille ont l’air d’avoir plus de deux enfants, ou bien ils ne savent pas compter…

Le temple de la littérature est donné pour la première université/école du Vietnam (environ 900 ans) enseignement dans la lignée confuséenne. Les cours carrées, parfaitement équilibrées et arborées s’enchaînent jusqu’au temple principal, un moment de paix au coeur de la cité, et ça c’est bon !

Au bout du lac Hoan Kiem lake, un charmant petit théâtre de marionnettes aquatiques, côté Le Thaï Tô street, (Vietnam Contemporary Art Theatre), extérieur en angle, peint en blanc, bel intérieur avec de larges fauteuils en velour rouge, un peu râpé. La représentation se fait avec les musiciens live. Les marionnettes jaillissent de l’eau, il y a des dragons qui crachent du feu, des canards, des poissons qui sautent, des personnages typiques dans des scènes de la vie quotidienne, la plantation du riz, la pêche, les musiciens, tout en musique, très charmant si on accepte l’ambiance (100 000 vietnam dong = 4 euros).

11 mai :

Le ciel d’Hanoï est constamment couvert depuis notre arrivée, épais et grisâtre. Vu le chaos ambiant, je pense à une pollution, mais l’indice semble bon, soit !! Il fait 35°, puis 39° demain, puis 41, puis 43…Pas de pluie, ce serait pourtant bien. Mais non, c’est là, juste là, la chape écrasante et humide !

Hanoï, construite sur le delta du fleuve rouge (eaux brunes) qui se jette dans le golfe du Tonkin : 7 millions d’habitants sur 3300 km², fondé par Ly Thaï To en 1010, puis capitale de l’Indochine française de 1902 à 1954.

Reste les bâtiments coloniaux où flotte à présent de drapeau rouge a l’étoile jaune, reste la baguette française, les crèmes caramel, de nombreuses églises dans les villes et en campagne, des statues de la vierge, la cathédrale St Joseph au coeur d’Hanoï…

La grand place où se situe le mausolée Hô Chi Minh est d’ambiance soviétque.

Mais, les jeunes sont  essentiellement tournés essentiellement vers l’Amérique, hyper connectés.

Départ pour la baie d’Halong (4 h de route). La sortie d’Hanoï est longue, la route de la côte est en parfait état, nombreuse voies, chargée néanmoins. L’arrivée dans la baie est encombrée de bus, d’hôtels, de bateaux, de marinas. Nous sommes 7 à bord de notre bateau à 10 cabines. Le personnel est plus nombreux que nous. Tout y est charmant, l’accueil, la chambre avec salle de bain, le deck, la table pour les repas copieux et joliment servis. La vie à bord s’organise parfaitement, avec notre nouvel ami Fazle (journaliste au Bengladesh), puis un couple de Tasmanie (île Australienne à 200 km sud de Melbourn et 3000 km du pôle sud, et oui, cela existe) avec leur fille de 3 ans Charlie, la mascotte du bateau, puis un jeune couple Vietnamien de Saïgon, dont elle charmante et lui; geek, gras, rivé sur son portable, mal élevé et porcelet sur les bords. La fine équipe !

L’entrée dans la baie est majestueuse, le sommets pierreux nous entourent. Sur la roche pointe toute sorte de végétation, yukas sauvages, bambous. Beaucoup d’autres bateaux, mais la baie est gigantesque (1500 km²), les pitons rocheux (environ 2000) sont à perte de vue. Une remarquable grotte est 3 parties se visite ; grotte des merveilles (vraiment remarquable). Nous y avons échappé aux hordes de touristes chinois, moment magique. Mais ils nous attendaient à la petite île d’à côté, celle où l’on grimpe (très raide) sous un kiosque apprécier la vue, et où on peut se baigner (eau rafraîchissante et très légèrement pétrolisée). Heureusement, le chinois visite vite et repart vite. Nous sommes partis paisiblement les derniers, avec notre joli bateau calme, s’ancrer pour la nuit entre les pitons rocheux. Il y a des nuits magiques, et celle-ci en a été une. A la nuit tombée, les hautes roches se découpent entre l’eau et le ciel. D’autres bateaux éclairent au loin, quelques petits bateaux des pêcheurs de la baie. Exceptionnel  !

Dès l’aube du lendemain, visite d’un élevage de perles de culture, puis pagayage le long des parois rocheuses, sur une eau plate et fraîche.

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Dire de la baie d’Halong qu’elle est sale et très polluée est excessif, vu le nombre de touristes qui s’y rendent, de bateaux, de ports. C’est un immense espace de vie, touristique au combien, mais la magie opère vraiment. Quelques zones un peu incurvées, quelques courants, regroupent des objets flottants, mais peu. Sur notre navigation, 95 % était sur une eau propre.

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Le 15 mai, route vers la province de Nim Binh 

La sortie de Hanoï est un chaos de traffic. Indicateurs pollution au vert, mais doutes tout de même. Les Vietnamiens portent d’ailleurs tous un masque en roulant à scooter, et même un espèce de sur-veste à motif, couvrante avec capuche, même sur les mains et lunettes de soleil. En dessous, elles sont en short, robe courte, talons..La gorge gratte un peu, disons que c’est la clim.

Il y a des plans d’eau et des lacs partout, des immeubles construits ou en cours de construction se suivent, souvent kitch, à colonnes, balcons et frontons. Puis viennent les rizières très vertes entre chaque ville. Un quadrillage bien agencé duquel dépassent quelques petits chapeaux coniques qui nettoient les rizières, des vélos. A l’heure des buffles, ils viennent labourer les sols boueux. Pour désherber, des élevages de canards, des milliers de canards qui flottent en groupe sur des marres.

Des jardins maraîchers bordent la route.

Des églises ici et là, de part et d’autre de la route, statues de Vierges, y compris sur les tableaux de bord des voitures. Une maison de 3 balcons arbore 3 énormes statues, une sur chaque balcon, la vierge, Joseph, Jésus, tous 3 en majesté, face à la rue, des statues de 2 m de haut, qui vous regardent passer sur cette énorme route qui mène à Hanoï. Puis le drapeau Vietnamien qui flotte à chaque étage.

Nous arrivons à Bai Dinh Pagoda, une des plus grande du pays, non loin d’une des boucles du fleuve. Plusieurs km de long composé d’un temple récent (2300) remarquable d’allées arborées, de km de galerie couvertes et ombragées, de cours carrées, de centaines/milliers de statues. Puis au-dessus, dans la montagne, une grotte dans laquelle a été installé un Boudah initial il y a presque mille ans.

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Puis pagayage à Trang An

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Très bel environnement à 2h30 d’Hanoï, en pleine campagne, remarquable, choisi pour des tournages, dont le dernier King Kong. 2h heures au milieu des pitons rocheux arborés, quelques petits kiosques et temples. Appelé Halong bay on earth…

16 mai ; Nous avons passé l’après midi à Chuay Tay, à 45 minutes du centre de Hanoï, un plan d’eau central entouré de beaux arbres, un temple à multiples extensions sur la colline, des vieilles marchandes de rues aux dents laquées, et un village qui vient s’égayer dans l’eau du lac quand la chaleur descend.
Dîner au Métropole Hotel d’Hanoï est un luxe assumé. Habillés en beau et déposés en taxi, le personnel diligent, en tenue traditionnelle, nous accompagne au restaurant Vietnamien où nous avons réservé une table. Traversée de grands salons, les galeries, la piscine entourée de hauts palmiers, bars intérieurs, extérieurs, spa, tout est là, dans le pur jus du plus bel hôtel de l’Indochine. Ouvert en 1901, il a vu passer Pierre Loti, Charlie Chaplin et Paulette Godard, Malraux, Graham Green, le Général de Castrie et Mme, puis Catherine Deneuve, Depardieu, Angelina et Brad, Chirac et…et ? Lord et Lady soi même.
Excellent repas servi sur plateau, mets typiques, soignés, aux noms imprononçables, service parfait, musicienne pendant le repas. Puis, sieste digestive sur les lits du bord de la piscine, dans la nuit tiède, les arbres se découpent sur le ciel noir, le brouhaha des clients nous berce.
Dernier jour à Hanoï :
Sur les trottoirs d’Hanoï, au coeur du vieux quartier, c’est assez compliqué de marcher car les scooters y sont garés. Et comme les échoppes et les restau de rue débordent, les trottoirs sont quasi impraticables. Donc, c’est un comble, mais il faut marcher sur la chaussée dans un flot incessant de véhicules qui vous frôlent. On traverse à l’arrache, entre le dit flot, qui ne s’arrête jamais, mais qui essaye de vous contourner. Pas facile ! Sans parler du bruit et des gaz.
J’ai donc opté pour un huber/scooter pour retourner chez le calligraphe au 25 Hang Bô. Tenant son guidon d’une main, le driver cherchait l’adresse sur son portable, faisant mille détours, frôlant les autres véhicules, oubliant de freiner, sans même me déposer à l’adresse exacte. J’ai terminé à pied! Pareil pour aller boire un dernier lemon-soda à la terrasse de mon café favori sur le petit lac.
Nous quittons notre hôtel, Le Carnot, non sans regret, avec les présents que nous offre le directeur. Tous charmants avec nous, chambre, petit déj, services impeccables.
Vol pour Nah Trang.
Touristes russes et chinois au rdv, en grand nombre, en horde sauvage, attiré par l’immense plage qui risque de se dégrader à grande vitesse ; quelques signes alarmants déjà, quelques plastiques. Mais la mer est chaude et la pause agréable.
Un bon massage d’une heure pour se ressourcer avant d’aller dormir…
Hormis l’essor avéré du pays depuis deux décennies, l’énergie incessante, la jeunesse en marche, les milliers de bébé nés et à venir, le prochain combat sera contre la pollution, au gaz et au plastique. C’est effrayant ! La population en forte croissance dans le pays et la non organisation, ou plutôt l’insuffisante organisation du ramassage et du traitement des déchets pourrait dégrader le pays (la santé des Vietnamiens first) et bien sûr la beauté du paysage, des campagnes, de la baie d’Halong et province de Nim Bihn, tout est menacé si rien est fait dans ce sens.
La plage de Nah Trang est envahie de baigneurs vers la fin d’après midi, jusqu’à la nuit tombée. Des familles, des jeunes, des bébés, tous en bouée ou gilet à la baille. La chaleur baisse avec la lumière, alors tout s’éclaire, les grands hôtels, la marina, le Casino, l’institut Pasteur, tout sur le front de mer. Les sportifs font leur jogging, les agrées sont pris d’assaut par des gymnastes, les vieux viennent papoter, jouer au jeu de go, marcher et se dégourdir. Puis les scooter repartent avec 2, 3, 4 ou 5 personnes dont le père, la mère les enfants, le bébé…
Au loin scintille VinPearl, l’immense fête foraine permanente accessible en téléphérique. Les Russes et les Chinois envahissent le Night market. Juste le temps d’acheter des cajous, du thé, du café, du poivre, le petit nécessaire local. Puis c’est la nuit, la dernière…
19 mai, anniv oncle Hô et, conjonction exceptionnelle du calendrier lunaire, naissance du Boudah.
« Dans le rétro je regarde si je t’aperçois,
Hanoï, Hanoï
Tu me retiens,
Le vélo, la fleur de lune, et moi à Paris… » (Hanoï, La Grande Sophie)

 

…Work in progress / fautes d’orthographe embarquées

Pour poursuivre une aventure qui se déroule au Vietnam, à Saïgon, lisez mon roman Square Saint Roch, commande chez votre libraire (Hachette livres), Amazone, lulu.com ou à isaboiscras@hotmail.com

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4 commentaires »

  1. Chic de voyager avec toi! Bises, Aline

  2. admin dit :

    Merci Aline, bises

  3. Éric Fitoussi dit :

    Très beau dépaysement
    On sent bien cette chaleur moite et lourde qui pèse sur vous. En dehors de ça vous avez l’air heureux d’y être
    Vous rentrez quand ?
    BizEric

  4. admin dit :

    Merci Eric, tu devrais lire mon roman « Square St Roch », qui se déroule partiellement à Saïgon…On sera de retour la semaine prochaine. Bisous à vous

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