Indochine – Laos 2026
0février 20, 2026 par Isabelle
Jeudi 19 février 2026
Vientiane : 31°
Nous prenons nos marques dans le confortable GreenPark Boutique Hôtel. Personnel adorable, en uniforme, jupes en textile brodé traditionnel pour les jeunes filles, chignon noir de jais, le sourire, le bonjour aux mains jointes accompagné du « sabaidit » ou « sabaidee », raccourci de « saibaiditonsao ».
Grande chambre lit king size, air conditionné que j’éteins la nuit, rideau assombrissant et volet anti-insectes, car le moustique attaquent le soir, surtout autour de ce joli bassin végétal qui prolonge la piscine. Pas donné, mais repos garanti malgré les concerts nocturnes de batraciens.
Frangipaniers en fleurs, saison des mangues, night market le long du Mékong avec la Thaïlande et Nong Khaï juste en face.
En un mot ; L’Indo !
Nous retrouvons avec joie notre fils et ses nouveaux tatouages, bracelets, colliers en perles de bois attestant d’un récent séjour dans les îles du sud de la Thaïlande, précisément à Kho Tao.
D’un coup de tuk tuk, nous traversons la ville pour le déposer à la gare routière ; bus de nuit pour Thakhek, 7h20 de route en bus couchettes à côté d’un Australien de 2m…
Jetlag digéré au bord de la piscine, dans les pages d’un bon roman (Les bons voisins de Nina Allan), petite marche dans les rues de Vientiane.
Bonzes et bonzes = 22…22 milles pagodes, temples, stupas, chortens, Bouddhas
couchés, assis en lotus, en délassement royal, debout, entourés de dragons et de plateaux d’offrandes, de colliers de fleurs, de pot à encens. Malgré le régime communiste attesté par les nombreux drapeaux rouges avec faucille et marteau, 65 % des Laotiens pratiquent le bouddhisme Theravâda. 2% sont chrétiens ; protestants ou catholiques.
Depuis qu’une ligne de chemin de fer arrive directement de Chine vers Vientiane, de nombreux touristes chinois arpentent les rues et les temples, ces derniers ayant été quasiment effacés par le régime de Mao Zedong en presque 80 ans.
Devant les portes des temples, des dizaines de paires de chaussures, comme à la mosquée. A l’intérieur, un bonze safran, assis en lotus au pied d’un Bouddha debout au demeurant, était entouré par un cercle d’une vingtaine d’âmes recueillies, liées entre elles par un long ruban blanc, lui-même noué en étoile au bonze et à l’idole. Des autels enfumés, des jarres de fleurs, des colliers en œillets orange, des décorations en feuilles de bananiers, des plateaux et des bougies devant chaque totem, chaque statue. Dehors, la statue d’un moine pèlerin dans sa grotte avec sa canne et deux poules à ses pieds. Un va-et-vient incessant de fidèles et de badauds comme nous, en communion cependant.
La majorité des temples et statues sont peintes en jaune d’or, pour figurer l’or véritable
d’autrefois. C’est clinquant ! Mais encore plus fort deux temples plus loin, une allée de tombes en format stupa dont un couvert d’une mosaïque de miroirs, scintillant comme une boule à facettes.
Ils ont du fil à retordre : on ne va pas se mentir, côté électrique, ils ont bien résisté au compteur Linky, mais il y a des nœuds de câbles, des vraies plats de nouilles emmêlées, sur, dans, autour, des poteaux, des murs des maisons. On s’y fait ! Comme aux canaux ou bras de Mékong recouverts de mangrove qui récupèrent toutes les eaux usées et diffusent une odeur pestilentielle.
La lumière descend vers 18h30.
Un philippin collant nous vante le coucher de soleil sur le Mékong, une charmante vietnamienne de Hué, nous parle de sa sœur décédée en France.
Nous traversons des quartiers où des maisons plus que cossues jouxtent avec des maisons cabanes, fermées par des taules. Les intérieurs éclairés sont visibles de l’extérieur. Les familles, assises sur de grandes nattes, se réunissent, jouent avec les enfants. Les jeunes filles coiffent leurs longs cheveux de jais. Des bols de pattes sont avalés à la baguette.
Après 3 bonnes heures de marche dans les rues asiatiques ou autres, ma toux de poussière reprend, en quinte. Il est temps de se diriger vers l’hôtel. Les traversées de route sont périlleuses car il y a très peu de passages cloutés, l’éclairage urbain est discontinu, les voitures ne s’arrêtent pas quand vous passez, à vous de courir…
Des camions illuminés chargés de jeunes gens en costumes et de percussions, traversent la ville de place en place, en fanfare pour le nouvel an chinois. Danses du lion au son des tambours, feux d’artifices, les cérémonies ponctuent la nuit.
Nous dînons d’une assiette de pâtes au porc et légumes dans un estaminet de bord de rue. Confiance ! Le groupe de jeunes danseurs en pantalon de lion viennent s’y assoir et compter leur recette. Petits et maigrichons, grands échalas boutonneux, moyens plutôt grassouillets, tous les formats existent. Je m’attendais à moins de joufflus, y compris dans les trentenaires, mais la mal bouffe sévit aussi au cœur du Laos. En revanche, le cheveu noir et raide est universel. S’il est châtain ou blond, ce qui arrive, c’est une teinture, un fake, sans aucun doute. L’appareil dentaire métallise de nombreux sourires – fashion victimes.
Quelques chats faméliques, à faire pleurer un Persan, dorment entre les jarres de plantes.
Les chiens jaunes sortent de partout, nous jappent dessus au passage en montrant des dents. Autant de bâtards boiteux au regard torve. Même les noirs, blancs, gris, multi taches, borgnes, queue coupée, portant des cicatrices, aboient toute la nuit sur les passants et les scooters.
Pas jusqu’à notre hôtel protégé et isolé de la rue par son jardin de plantes tropicales, de larges feuilles, de bassins où ce sont les crapauds et les criquets s’en donnent à cœur joie et font un boucan d’enfer. En ouvrant la fenêtre de la chambre, mais pas la grille anti moustique bien sûr, on profite d’un concert aquatique, plutôt rauque avec quelques stridulations à l’octave, attestant du nombre de batraciens qui copulent dans la marre. Grandiose !
J’ai adoré les nuits…
Vendredi 20 février
Vientiane n’est pas une ville douillette. On est dans un mélange de quartiers cahotiques
et de nouveaux bâtiments rutilants, qui se jouxtent. Les trottoirs sont lacunaires ou absents, les véhicules roulent dans tous les sens, les feux de circulation ne fonctionnent pas. Faut dribler, jongler, faire gaffe ! Les Laotiens sont tres gentils mais ne parlent pas anglais, ni français, donc nous avons des loupés avec les drivers, les commandes, les directions. Mais on y arrive quand même.
Nous avons demandé à un tuk tuk un tour de ville pour 1h, on se cale sur un prix, il nous balade une demi-heure et nous ramène au point de départ. Le traducteur du portable ne solutionne pas cela. Bref, on re-négocie, on paye plus, on palabre un peu, mais ce n’est pas méchant.
Il nous dépose toutefois dans le secteur du night market le long du Mékong. Les échoppes du soir sont en cours d’installation. Le soleil est une boule de feu qui descend au loin, au-dessus de la Thaïlande, de l’autre côté du fleuve. La promenade est très prisée, les jeunes filles sont parées, les garçons aussi, du mieux qu’ils peuvent, les poussettes, les enfants vont au manège, c’est l’animation du soir. Certains font de la gym Quelques touristes suivent le flot. Peu d’européens, surtout des chinois qui arrivent par des vols et des trains directs en quelques heures, ils investissent ici,
Le président et la politique du pays ; le parti révolutionnaire populaire Lao, parti politique marxiste-léniniste issu du parti communiste vietnamien fondé par Ho Chi Minh en 1930. Le Vietnam est si proche. Autant dire qu’avec le chinois, ils se comprennent. Toutefois, les Laotiens n’apprennent pas le chinois à l’école.
A la nuit tombée, nous nous sommes glissés dans un institut de massage. Oil massage. Chacun sa table et sa masseuse, qui s’installe à califourchon sur votre dos, qui presse de toutes ses forces même si elle ne pèse que 35kg toute mouillée. 60 minutes = 190 KIP soit moins de 8 euros. Massage peu inventif et varié mais efficace car nous avons tous les deux piqué un petit somme.
Après avoir tourné en rond pour trouver un resto, un tuk tuk a lui-même tourné en rond pour nous déposer à l’hôtel, où nous avons trouvé gîte et couvert. Ouf !
Puis le concert nocturne des crapauds, grenouilles et autres batraciens, criquets, moustiques et libellules belles de nuit, est allé crescendo dans l’obscurité.
J’ai adoré les nuits…
Catégorie Carnets de voyages | Mots-clés: carnet de voyage, Indochine, Laos, Vientiane


















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