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Indochine 2026 – Laos, Thaïlande – carnet de voyage

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février 20, 2026 par Isabelle

Jeudi 19 février 2026

Vientiane : 31°

Nous prenons nos marques dans le confortable GreenPark Boutique Hôtel. Personnel adorable, en uniforme, jupes en textile brodé traditionnel pour les jeunes filles, chignon noir de jais, le sourire, le bonjour aux mains jointes accompagné du « sabaidit » ou « sabaidee », raccourci de « saibaiditonsao ».

-Vol Air France direct Paris Bangkok 11h, 2h40 escale, puis Bangkok Vientiane par Lao airlines 1h – 15h de vol – total 1400 euros bagages inclus. 15h au total, solution la plus rapide (billet achetés 10 jours avant le départ)-

Grande chambre lit king size, air conditionné que j’éteins la nuit, rideau assombrissant et volet anti-insectes, car le moustique attaquent le soir, surtout autour de ce joli bassin végétal qui prolonge la piscine. Pas donné (environ 100 euros la nuit pour deux, petit dej très copieux inclus et service en chambre), mais repos garanti malgré les concerts nocturnes de batraciens.

Frangipaniers en fleurs, saison des mangues, night market le long du Mékong avec la Thaïlande et Nong Khaï juste en face.

En un mot ; L’Indo !

Nous retrouvons avec joie notre fils et ses nouveaux tatouages, bracelets, colliers en perles de bois attestant d’un récent séjour dans les îles du sud de la Thaïlande, précisément à Kho Tao.

D’un coup de tuk tuk, nous traversons la ville pour le déposer à la gare routière ; bus de nuit pour Thakhek, 7h20 de route en bus couchettes à côté d’un Australien de 2m…

Jetlag digéré au bord de la piscine, dans les pages d’un bon roman (Les bons voisins de Nina Allan), petite marche dans les rues de Vientiane.

Bonzes et bonzes = 22…22 milles pagodes, temples, stupas, chortens, Bouddhas couchés, assis en lotus, en délassement royal, debout, entourés de dragons et de plateaux d’offrandes, de colliers de fleurs, de pot à encens. Malgré le régime communiste attesté par les nombreux drapeaux rouges avec faucille et marteau, 65 % des Laotiens pratiquent le bouddhisme Theravâda. 2% sont chrétiens ; protestants ou catholiques.

 

Depuis qu’une ligne de chemin de fer arrive directement de Chine vers Vientiane, de nombreux touristes chinois arpentent les rues et les temples, ces derniers ayant été quasiment effacés par le régime de Mao Zedong en presque 80 ans.

Les chinois : ils viennent se racler la gorge et cracher au Laos. Ah! Pas facile tous les jours. Le nez collé au portable. A cause de cela, ils ont le visage bleu et le dos complètement bossu. Il n’y a pas que les chinois mais quand même. On a toujours l’impression qu’ils sont en pijama, chaussé de crocs improbables, ou avec des basquettes et des chaussettes blanches qui tiennent parfaitement jusqu’à la moitié du mollet. Les coques de potables sont multicolres, en textiles, avec des têtes et des oreilles de pandas, au bout de chaînes en grosses perles comme des chapelets de pacotille. Au dîner, une table de chinois était scotchée, chacun sur son portable, ne parlant pas, ne regardant pas son assiette, le nez bleu à 10 cm de l’écran du portable. Ce matin au breakfast, une jeune fille chinoise habillée dans un survêtement/pijama, allez savoir- j’allume un peu, je spécule peut-être, mais si peu – était collée à son mobile dans sa coque en moumoute format nounours avec des oreilles et un dos poilu. Elle mageait comme un hamster, ressemblant à son tél, disons-le, du bout de la fourchette sans couper le morceau, sans décoller ses yeux de l’écran, le tout complètement avachi à 10 cm au-dessus de l’assiette. Sa bouche grignotait sans discontinuer, comme le ferait un rongeur, jusqu’au dispartion du morceau de saucisse ou de jambon dans l’orifice buccal. Entourée qu’elle était, bien-sûr, des autres membres de la famille, eux-mêmes les yeux rivés sur leur propre écran. Mais, que vont-ils devenir tous ? Est-ce la fin d’un monde et le début d’une autre ère. Même chez les masseuses, les plus âgés ferment les yeux et se concentrent sur le massage des pieds par exemple, les plus jeunes regardent leur portable (fort heureusement sans le son ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans dans les intituts de massage transformés en cacophonie). Diable, ça part en .ouille ! OU bien je vieillis 🙂

Devant les portes des temples, des dizaines de paires de chaussures, comme à la mosquée. Accessoirement, c’est le nouvel an chinois, donc quoi de mieux que de venir le célébrer au Laos. A l’intérieur, un bonze safran, assis en lotus au pied d’un Bouddha debout au demeurant, était entouré par un cercle d’une vingtaine d’âmes recueillies, liées entre elles par un long ruban blanc, lui-même noué en étoile au bonze et à l’idole. Des autels enfumés, des jarres de fleurs, des colliers en œillets orange, des décorations en feuilles de bananiers, des plateaux et des bougies devant chaque totem, chaque statue. Dehors, la statue d’un moine pèlerin dans sa grotte avec sa canne et deux poules à ses pieds. Un va-et-vient incessant de fidèles et de badauds comme nous, en communion cependant.

La majorité des temples et statues sont peintes en jaune d’or, pour figurer l’or véritable d’autrefois. C’est clinquant ! Mais encore plus fort deux temples plus loin, une allée de tombes en format stupa dont un couvert d’une mosaïque de miroirs, scintillant comme une boule à facettes.

 

 

 

Ils ont du fil à retordre : on ne va pas se mentir, côté électrique, ils ont bien résisté au compteur Linky, mais il y a des nœuds de câbles, des vraies plats de nouilles emmêlées, sur, dans, autour, des poteaux, des murs des maisons. On s’y fait ! Comme aux canaux ou bras de Mékong recouverts de mangrove qui récupèrent toutes les eaux usées et diffusent une odeur pestilentielle.

 

 

 

La lumière descend vers 18h30.

Un philippin collant nous vante le coucher de soleil sur le Mékong, une charmante vietnamienne de Hué, nous parle de sa sœur décédée en France.

Nous traversons des quartiers où des maisons plus que cossues jouxtent avec des maisons cabanes, fermées par des taules. Les intérieurs éclairés sont visibles de l’extérieur.  Les familles, assises sur de grandes nattes, se réunissent, jouent avec les enfants. Les jeunes filles coiffent leurs longs cheveux de jais. Des bols de pattes sont avalés à la baguette.

Après 3 bonnes heures de marche dans les rues asiatiques ou autres, ma toux de poussière reprend, en quinte. Il est temps de se diriger vers l’hôtel. Les traversées de route sont périlleuses car il y a très peu de passages cloutés, l’éclairage urbain est discontinu, les voitures ne s’arrêtent pas quand vous passez, à vous de courir…

Des camions illuminés chargés de jeunes gens en costumes et de percussions, traversent la ville de place en place, en fanfare pour le nouvel an chinois. Danses du lion au son des tambours, feux d’artifices, les cérémonies ponctuent la nuit.

Nous dînons d’une assiette de pâtes au porc et légumes dans un estaminet de bord de rue. Confiance ! Le groupe de jeunes danseurs en pantalon de lion viennent s’y assoir et compter leur recette. Petits et maigrichons, grands échalas boutonneux, moyens plutôt grassouillets, tous les formats existent. Je m’attendais à moins de joufflus, y compris dans les trentenaires, mais la mal bouffe sévit aussi au cœur du Laos. En revanche, le cheveu noir et raide est universel. S’il est châtain ou blond, ce qui arrive, c’est une teinture, un fake, sans aucun doute. L’appareil dentaire métallise de nombreux sourires – fashion victimes.

Quelques chats faméliques, à faire pleurer un Persan, dorment entre les jarres de plantes.

Les chiens jaunes sortent de partout, nous jappent dessus au passage en montrant des dents. Autant de bâtards boiteux au regard torve. Même les noirs, blancs, gris, multi taches, borgnes, queue coupée, portant des cicatrices, aboient toute la nuit sur les passants et les scooters.

Pas jusqu’à notre hôtel protégé de la rue par son jardin de plantes tropicales, de larges feuilles, de bassins où ce sont les crapauds et les criquets s’en donnent à cœur joie et font un boucan d’enfer. En ouvrant la fenêtre de la chambre, mais pas la grille anti moustique bien sûr, on profite d’un concert aquatique, plutôt rauque avec quelques stridulations à l’octave, attestant du nombre de batraciens qui copulent dans la marre. Grandiose !

J’ai adoré les nuits…

Vendredi 20 février

Vientiane n’est pas une ville douillette. On est dans un mélange de quartiers cahotiques et de nouveaux bâtiments rutilants, qui se jouxtent. Les trottoirs sont lacunaires ou absents, les véhicules roulent dans tous les sens, les feux de circulation ne fonctionnent pas. Faut dribler, jongler, faire gaffe ! Les Laotiens sont tres gentils mais ne parlent pas anglais, ni français, donc nous avons des loupés avec les drivers, les commandes, les directions. Mais on y arrive quand même.

L’ambassade de France ou bien la Résidence de France sont parmi les propriétés les mieux entretenues de la ville, avec les palais présidentiels bien sûr. Les murs d’enceintes sont fraîchement peints en blanc, une magnifique végétation de palmiers en dépasse et assure l’ombre salvatrice pendant cette saison sèche. Des écoles maternelles affichées en français, un ministère de la santé et quelques bâtiments officiels nommés en français, des restes de résidences et de maisons coloniales, des venelles précautionneusesment végétalisées ou dorment des chiens tordus, et des chats, dans des pots plantés de persil chinois, de cives, de pieds de tomates.

Mais, il na faut pas rêver, certains confondent sans doute, et on ne sait d’ailleurs pas pourquoi, « pot avec plante » et poubelle ; malotrus qui jettent leurs bouteilles en plastique ou autres rubish dans les plantes.

Le traçage des larges avenues, non végétallisées, on fracturé la ville. On y roule plus qu’on y marche…Pas d’ombre, peu de trottoirs, poussière. Ah, je vieillis, et je rêve encore 🙂

Nous avons demandé à un tuk tuk un tour de ville pour 1h, on se cale sur un prix, il nous balade une demi-heure et nous ramène au point de départ. Le traducteur du portable ne solutionne pas cela. Bref, on re-négocie, on paye plus, on palabre un peu, mais ce n’est pas méchant.

Il nous dépose toutefois dans le secteur du night market le long du Mékong. Les échoppes du soir sont en cours d’installation. Le soleil est une boule de feu qui descend au loin, au-dessus de la Thaïlande, de l’autre côté du fleuve. La promenade est très prisée, les jeunes filles sont parées, les garçons aussi, du mieux qu’ils peuvent, les poussettes, les enfants vont au manège, c’est l’animation du soir. Certains font de la gym Quelques touristes suivent le flot. Peu d’européens, surtout des chinois qui arrivent par des vols et des trains directs en quelques heures, ils investissent ici. De toute façon, il n’y a plus de place et plus de femmes en Chine.

Le président et la politique du pays ; le parti révolutionnaire populaire Lao, parti politique marxiste-léniniste issu du parti communiste vietnamien fondé par Ho Chi Minh en 1930. Le Vietnam est si proche. Autant dire qu’avec le chinois, ils se comprennent. Toutefois, les Laotiens n’apprennent pas le chinois à l’école.

A la nuit tombée, nous nous sommes glissés dans un institut de massage. Oil massage. Chacun sa table et sa masseuse, qui s’installe à califourchon sur votre dos, qui presse de toutes ses forces même si elle ne pèse que 35kg toute mouillée. 60 minutes = 190 KIP soit moins de 8 euros. Massage peu inventif et varié mais efficace car nous avons tous les deux piqué un petit somme.

Après avoir tourné en rond pour trouver un resto, un tuk tuk a lui-même tourné en rond pour nous déposer à l’hôtel, où nous avons trouvé gîte et couvert. Ouf !

Puis le concert nocturne des crapauds, grenouilles et autres batraciens, criquets, moustiques et libellules belles de nuit, est allé crescendo dans l’obscurité.

J’ai adoré les nuits…

21 février, 34 °

Un taxi nous emmène au Buddha Park. Aller retour + 1 heure sur place = 560 000 KIP (22 euros) .

Traverser les quartiers jusqu’à l’extérieur de la ville longeant le Mékong. Nombreuses Pagodes et temples faisant face au Mékong et à la Thaïlande juste en face. Nong Khaï et le pont de la liberté. 9 km pour Nong Khaï thaïlande.

Le parc à Bouddha est à 25 km de Vientiane, environ 50 minutes en taxi. Il a été initié en 1958 par Luang Pu Bunleua Sulilat, un chaman prêtre Yogi qui a mêlé hindouisme et bouddhisme.

Après la révolution de 1975, Bunleua Sulilat a fui le Laos pour la Thaïlande où il a ouvert un parc similaire à Nong KhaiSala Keoku. Le parc appartient désormais à l’État et est géré comme un site touristique. Baroque et insolite, il regroupe environ 200 statues bouddhistes et hindoues en béton. Et surtout un très grand jardin de bougainvilliers en fleurs, multicolore + frangipaniers et quelques ibiscus. Douceur, fraîcheur, tranquilité

 

 

Retour et dépôt au night market.

puis massage 170 kip 60 minutes (moins de 7 euros). Correct mais sans plus.

 

Dîner chez un resto Laos, bondé de chinois dont le patron se plaint en venant s’assoir à notre table. Il nous explique qu’ils ne parlent pas anglais (les Laotiens pas beaucoup non plus), qu’ils veulent manger immédiatement alors que tout est cuisiné frais, font un boucan d’enfer, veulent recevoir la monnaie en yen ou en dollars. Et quand ils partent, un silence s’installe et le chaos est sur et sous leur table…

Retour marche nocturne, pas de circulation tout est fermé à 9 pourtant on est samedi soir. Nous passons devant un beau resto « Ma Maison », puis devant l’entrée de l’ambassade de France, Rue Setthathirath, le resto « the old house », la cathédrale du Sacré-Cœur, quelques ruelles sombres, vides, calmes. Il fait chaud malgré la nuit.

Et le concert de crapauds recommence à l’hôtel…

J’ai adoré les nuits…

Dimanche 22 février, jour de Sainte Isabelle, faut l’savoir.

La température monte

Le ciel est blanc, lourd, épais et poisseux. La température monte sérieusement, plus que d’ordinaire disent-ils ici. De minuscules gouttes tombent, 1 par seconde, c’est mesquin. Le soleil est mesquin aussi.

Nous jonglons pour acheter nos 3 billets de train pour Vang Vien. Un Guichet de vente (qui ferme dans l’heure de midi) au Vientiane Mall au rdc. 273 000 Laos kip = 11 euros pour first class. 20000 kip de frais supplémentaires pour un achat au guichet et paiement cash obligatoire (no visa).

Boire un verre à la Old House, derrière la Cathédrale près de l’ambassade de France : fermé ! Boire un verre à « Ma maison », le beau pavillon colonial vu la veille, ancienne bibliothèque française : fermé aussi ! C’est dimanche à Vientiane.

Tuk tuk jusqu’au temple doré, en longeant l’arc de triomphe de Vientiane sur cette très large avenue. Un des temples les plus connus du Laos. Une place immense sur le devant semble écarteler la ville – sans doute pour des parades militaires- des ambiances soviétiques surgissent devant l’enceinte de ces temples, largeur des avenues, drapeaux communistes. Le temple en soit est large et un peu dépouillé. Quelques « marchands du temple » tiennent commerce sous des guitounes ; pagnes laotiens, paniers, carillons. Quoi qu’il en soit, les tenanciers sont rivés sur leur portable, nous voient à peine. Un gamin nous vend gaillardement des mini ananas épluchés sur leur lit de glaçons. Fort bienvenus par cette chaleur.

Nous marchons péniblement le long de cette immense et circulante avenue, où rien n’est vraiment beau ni agréable. Quelques venelles latérales, davantage végétalisées, portent encore des noms français. Sinon, les rues sont bitumées et peu respirable.

Un tuk tuk passe enfin et nous dépose à deux pas, devant le Patuxaï. Arc de triomphe local et spot incontournable de Vientiane, et « incontourné » par nos amis chinois.

Nan, mais ils sont formidables. Je médis, je médis, mais si cela continue, je vais finir par les aimer. Même ceux qui parlent tout fort et crachent par terre, qui soulèvent leur teeshirt et se grattent le ventre en rotant, qui se curent les dents bouche ouverte et crie plus fort que leur enfant unique qui, déjà, braille. D’ailleurs le chinois est beau petit, très très mignon même, puis ça se gâte et le ventre pousse. Il faut les voir se contorsionner pour faire de selfies avec leur perche, avec leurs incomparables coques de portables, breloques en chaîne au bout. Il faut les voir prendre la pause et faire la lip en pointant du doigt le haut de d’un monument pour exprimer une domination ou tout simplement faire la proportion, porter su bout du doigt un clocheton en or, un bras de bouddha, un soleil qui se couche. Et ces larges chapeaux de paille, ces vêtements d’un autre temps, ces manchettes anti bronzage qui couvrent les bras jusqu’aux premières phalanges.

Mon favori ; ce chinois joufflu en short et crocs, avec plusieurs téléphones en main, dont un à coque orange, un autre au bout d’une perche, un autre avec une chaîne en perle, qui prend des postures incroyables dans un sens, dans l’autre, sur un appareil puis l’autre, se contorsionnant pour prendre sa binette dans le meilleur angle avec le Patuxaï dans le fond. Irrésistible.

Mais je maintiens qu’ils ont le visage bleu et le haut du dos bossu.

Soudain, les fontaines du bassin central se mettent en marche au son d’une musique magistrale que je prends pour un hymne nationale. Un oh général baigne la place, tous se regroupent autour du bassin et photographient les jets d’eau dansant.

Nous quittons l’axe poussiéreux en traversant le parc arboré d’un temple, espérant saisir la fraîche. A peine un ou deux grés de moins. C’est déjà cela. Les gouttes éparses du matin persistent toujours aussi chichement, sans choir. Je me prends à rêver de l’averse chaude, des sauts d’eau, des nuages qui craquent, des ruissellements qui lessivent le sol et libèrent les parfums de la terre mouillée. Que nenni, cela n’arrivera pas avant 4 mois. Ne rêvons pas !

Pour le massage du soir, un Lady boy nous accueille devant une petite échoppe. Il ait sa mignonne et parvient à faire sourire. Scrub and foot massage (240 000 = environ 9 euros pour 1 heure). Le scrub gommage s’est davantage concentré sur le mollet que sur le pied…j’ai insisté, puis le massage était décousu, les jeunes filles étaient en fou rire avec le lady boy, il avait une conversation au téléphone juste à côté. Manque de sérieux et de concentration. Dommage.

Gildas arrivé de Thakhet par le bus de nuit. (Rajout d’un extra bed dans la chambre 30 dollars). Thakhet, une magnifique boucle/loop de nature à 7h de bus de Vientiane, bus de nuit couchette, puis en scooter, de village en village jusqu’à des grottes magnifiques, cours d’eau et corolles de sommets boisées, rocheux, à pic. Logements en guest house rurales, dont nous avons le compte rendu enthousiaste. https://fr.wikipedia.org/wiki/Thakhek

Le concert du soir à l’hôtel est encore plus accentué que d’habitude. Tellement fort et diversifié. Certains sons semblent provenir d’animaux tellement étranges qu’on ne voudrait pas les rencontrer, des sons inconnus, non-identifiables, assénés, dissonants, violents parfois, qui haranguent et vilipendent les autres nocturnes. Mais, ils s’engueulent tous autant qu’ils sont ! C’est la foire d’empoigne, un opéra sauvage, une partition maléfique pleine de gros yeux globuleux et de longues griffes. De vrais barbares. Soudain, sans qu’on s’y attende, c’est le silence tout net, la paix, d’un commun accord. Puis, cela repart de plus belle, cacophonie inclassable pour nos oreilles humaines. Cependant chaque soir, nous éteignons la clim et laissons la fenêtre entrouverte pour profiter de cette symphonie mystérieuse, étrangère.

J’ai adoré les nuits…

Le 23 février

Petit déjeuner copieux au GreenPark boutique hôtel, puis bagages, check out, distribution de pourboires à nos lutins bienveillants. Puis, séance sport et plouf !

Le taxi nous attrape, direction la gare (40 minutes/281 000 kip = 11 euros). Gare immense à la lisière de la ville, qui mène vers Luang Prabang, puis les grandes lignes vers la Chine. Tout est chinois, la taille des espaces, les passagers, 3 ou 4 blancs becs surnagent parci par là. Des trains de marchandises chargés de containers made in China nous jouxte dans les gares.

Train parfait et on time. Hôtesses en uniforme charmantes. Arrivée à Vang vieng en minubus 20 bonnes minutes de la gare. Pléthore de mongolfières dans le ciel au-dessus de nos têtes, des pitons rochers en couronnes boisées tout autour de nous, une température beaucoup plus modérée ; la rivière qui traverse la ville sans doute ainsi que la végétation environnante. Mais en cette saison sèche, une bonne couche de poussière jaune ou rouge est saupoudrée sur les feuilles. Il faut se les imaginer luisantes de pluie pendant la mousson.

Notre hôtel : Nature Resort Vang Vieng est tenu par des indiens de Armristar (un sik). Les indiens sont également de grands investisseurs dans le pays.

Peu de pont traversent Vang Vieng et notre hôtel se trouve de l’autre côté. Compter 15 minutes de marche pour rejoindre ce pont, en suspension métalllique, sur lequel passent les scooters et piétons, mais pas le voitures. Scooters et vélo à louer à l’hôtel.

Il faut passer ce pont pour aller en ville, night market, restaurant et salons de massage – décevants encore :-(.

24 février 2026

En scooter…loué à l’hôtel pour 250 000/jours = 10 euros.

Je suis derrière Gildas, nous quittons la ville pour la campagne. Ciel couvert et poussière. des nids de poules par endroits, des pistes cailloutées à d’autres. Les à pics rocheux et boisés sur la gauche. Nous roulons dans cette vallée creusée par la riviière. La végétation est couverte de poussière jaune. Les villages, les écoles, les temples, les vaches et les chiens vont et viennent à droite et à gauche puis traversent à tout moment.

Des carrières et dépots de sédiments annoncent des sorties de camions qui doublent sans crier gare.

Très vite en sortant de Vnag Vieng, nous sommes plongés dans le monde rural.

Les enfants jouent. Les vieux sortent devant leur maison. leL feux du soir s’allument.

En ville, je fini par trouver une arrière boutique pour un waxing. Sans lumière, sans couleur, sans ventilateur. Mais la gamine s’applique et c’est fait.

Les mangues sont excellentes

Dîner dans une ville plutôt bruyante, tourisme à fond.

Nous sommes rentrés à temps avant l’averse, qui a fini par craquer follement, enfin, une belle pluie grasse qui cogne sur nos toitures métalliques et ruissèlle en lesssvamnt les sols et les feuilles. Elle va enfin nous laver cette poussière jaune qui ternissait la végétation. Hâte de voir demain dès l’aube. Qui sera tardive car nous ne parvenons pas à dormir, comme si le foutu jetlag nous tenaillait encore un peu.

J’ai adoré les nuits…

Il y a eu le 25 février, une longue sortie en scooter des routes dégradées jusqu’à un view point sur des lacs aux multiples contours. NAM NGUM reservoirs, avec un parc de petites résidences à louer. Route de retour au milieu de la circulation en évitant les nids de poules, longue et ponctuée d’énervement familiaux.

La pluie s’invite, aller à la gare sous la pluie pour vérifier des billets qui n’y sont pas.

Et tu te retrouves le soir sur un tapis de marche dans une salle de sport, à faire tes 5 km à 5,5 km/h, histoire que chacun rince son fiel.

Et plus tard, dans un petit resto français à manger des os à moelle avec des verres de vin…

Au matin du 26 février, départ taxi et train vers Luang Prabang.

Nous aimons beaucoup Luang Prabang.

Train de Vang Vieng vers Luang Prabang, confortable et rapide (train chinois). les rails serpentent dans la vallée, entre les collines boisée, abruptes en sortie de Vang Vieng, puis plus moelleuses en arrivant vers Luang Prabang. 45 minutes de train. Attention, les gares sont plutôt éloignées des centres. Il faudra prendre taxi ou tuk tuk commun.

Arrivée au Vangsavath hôtel, cossu, d’une belle architecture mêlée Laos Tradi et bâtiment colonial europée, totalement homogène dans la ville. La plupart des bâtiments du centre respectent cette donnée imposée par « Unesco heritage » donnée en 1995. Le ventre ville est cogérent, arboré, les trottoirs permettent des marches confortables à l’ombre. Les maisons restent à un étage maximum. Nous logeons au premier étage de cet hôtel, au portail décoré comme une entrée de temple, avec des beaux arbres. Les murs de la réception son couverts de lambris et les meubles sculptés façon Laos donnent une ambiance d’un autre temps, chaleureuse et dans un très bon entretien.  180 euros par nuits pour 3, grand lit double + grand lit simple+ petits déjeuners)

Notre chambre ouvre sur une pergola ombragée à l’arrière, donnant sur la piscine et son parc de verdure, très agréable. La réception est tenue par Lun lady boy très bavarde et sa mère, portant un très joli carré grisonnant, s’essyant avec courage en français, appris à l’école autrefois. Il n’en reste presque rien. Ils sont très gentils mais plutôt bavard et un peu collant à vrai dire. L’hôtel est quasi vide, très propre au demeurant, des touristes arriveront le lendemain. L’hôtel est un pue excentré, 1,5 km du night market et 1km des berges du Mékong mais otut cela se fait bien à pied, en scooter (loué 330 à l’hôtel/plutôt cher). Un famille de chats noirs déambule entre le jardin et la piscine. Une scierie active presque à toute heure nous rappelle que nous sommes en ville. Puis le chant des coqs, n’importe comment, aussi bien le matin que dans la journée.

Vélos en libre service – navelles gratuites vers le centre ville (2 allers et 2 retours par jours). Laundry 4 dollars par kg de linge.

Les rue de Luang Prabanb sont animées. Une population autre que touritique dynamise toute la ville. Les maisons ont souvent une pergola au rez de chaussée, puis un étage. Les structures sont parfois en bois, l’étage également.

En marchant plus loin vers l’extérieur, en passant le pont de métal, nous accompagnons notre fils sur un terrain de foot. Le regarder jouer au sein d’une équipe où il s’éclate et marque un but.

Puis marche et tuk tuk jusqu’au centre ville vers le night market et repas dans la rue.

Beaucoup moins de chinois, plus d’européen peut-être. 66 000 habitants, une vraie ville pas uniquement touristique.

27 fevrier

Léopoldine a 31 ans.

Réveil trop tôt/nervosité ambiante…flottement. Départ en scooter (330 kip par scooter pour 24 h, donc trop cher) Mais scooter et casques nous attendent directement à l’hôtel, pratique. Départ vers la campagne, longue balade puis retour au centre ville

Pour les trains, il faut vraiment s’y prendre à l’avance. Nous avons acheté 3 billets de trains en ligne sur un site qui disait confirmer sous 18h – 71 euros. Finalement, après être passés à la gare, on nous a bien dit que nous n’avions pas de billet. Nous avosn donc acheté des billets d’avion Luang Prabang Vientiane pour le retour. Et le matin même, ils nous annoncent que les billets de trains sont bons alors que nous avons acheté les billets d’avion dans l’intervalle. => la confirmation arrive trop tard, on prend des billets d’avion.

Après avoir arpenté la ville en tous sens, le marché de nuit, nous savons que Luang Prabang mérite quelques jours supplémentaires, pas seulement pour explorer, mais aussi car la ville est agréable pour déambuler, dans son quadrillages de jolies rues végétallisées, entretenues.

Le 28 février

Après une longue matinée de balade le long du Mékong, puis dans les petites rues ; avion Laos airlines vers Luang Prabang (45 minutes), puis taxi de l’aéroport vers le Pont de l’amitié qui mène en Thaïlande (40 minutes = 330 kip), passage de douane et autres formalités pas si compliquées, coup de tampon (pas de sou)…Puis nous payons un tiket de bus navette (20kip/pers) qui nous fait traverser le Pont jusqu’à la rive Thaïlandaise, à Nong Khaï.

Le taxi commandé nous attrappe, direction la Green Gecko https://www.thaivillarent.com/Book_reserve_thai_vacation_rental.html

Les transferts, les déplacements prennent toujours un peu de temps et génère quelques petits stress parfois, mais tout est à peu près raccord sur celui là, donc juste du temps. Et nous arrivons enfin dans notre villa favorite ou plutôt sa petite soeur, province de Udorn Thani, Isaan, nord-est de la Thaïlande. Ten nous y attend avec un dîner dont il a le secret. Nos belles chambres à moustiquaires, la jolie piscine, son large deck en bois rouge, les salons et banquettes. Puis tout autour la végétation. Notre cadeau, notre gift ! Quelques maisons au loin ou bien le temple au bout de la piste rouge laisse filtrer des musiques Thaï, des sons humains, lointains, tamisés par les haies de bambous et les eucalyptus.

Le vrai concert vient provient des arbres, des haies, des broussailles qui enveloppent la villa tout autour : Gue-koa, gue-koa, crr crr crr, ououp, ououp, piou, piou, chiock chiock chiock, fiouhou, fiouhou, poupoupoupou, toink toink toink.

Et ça crisse et ça jacte et ça piaffe dans tous les sens. Les geckos font la loi, la voie, et ponctuent la cacophonie. Bonheur retrouvé de ces nuits dans la jungle asiatique, au coeur des rizières…

La saison encore sèche nous présente des rizières marronnasses, en attente de la saison de pluie. Sauf celle qui sont irriguées, résolument vertes cru, arrogant, insolent. Alors le parfum de riz thaï envahi la route et l’atmosphère.

L’heure des buffles est la même que celle des insectes, nuit tombante ; ça grouille.

La Gecko est au bout d’une suite de pistes vertes cernées de bambous et d’eucalyptus, dont le parfum, en fin de journées chaudes et humides, irradie l’air alentour.

J’ai adoré les nuits et j’adore toujours autant les nuits.

1 mars

Le jour se lève. Après un réveil et petit déj servi par Ten, Je pars faire une belle marche sur les pistes en latérite qui mènent à la villa. En sortant à droite, je traverse une petite route aujourd’hui goudronnée, puis tout droit en longeant le temple, je file entre les champs, les rizières brunes, les buffles lents qui paissent, les mares d’eau saumâtres. Quelques scooters, quelques « saling », quelques enfants en vélo ou agriculteur dans les champs, sinon personne, le calme et la chaleur montante qui explique ce calme. La végétation temporise cette chaleur entre 30 et 35 degrés, peut-être davantage au pic du jour. Dans cette chaleur plutôt humide, la sudation est intense. Le soleil me frappe par le côté gauche à l’aller, le doit au retour. Chapeau vissé sur le crâne et lunettes de soleil obligatoire pour la lumière, mais aussi pour les poussières.

Particulièrement lorsque nous commençons à rouler avec notre véhicule local improbable, difficile à manier, avec des zones de déséquilibre selon comment nous nous répartissons. Bien souvent, je m’assied au fond de la nacelle latérale, zeph sur la banquette à gauche et Gildas au volant. Nous mangeons poussières et insectes tout le long du chemin, en sillonnant d’un village à l’autre, d’un rizière à l’autre, en traversant les ponts et les pistes en terre rouge. Les locaux se marrent en découvrant notre équipage plus que baroque.

Le soir, notre voisin Charles Colesmann, qui gère  les locations de la villa, nous rejoint et nous devisons autour d’un verre ou des délicieux plats concoctés par Ten et Jip. Je ne connais aucun des noms de plats qui nous sont servis à chaque repas, hormis le Tom Kha gaï et le Padthai. La table est néanmoins la meilleure que nous connaissions, la plus variée également, Ten est un chef cuisinier, Il propose des plats chaque jour délicieux, il adapte les épices selon les goûts (je ne mange pas épicé – les garçons, si), les produits sont bons, au moins 4 plats différents par repas sans compter le riz chaque soir, joliment servi sur une belle table. Il n’y a pas de dessert. Les fruits sont plutôt servis le matin au petit déjeuner. Les thaï prennent traditionnellement une soupe le matin, mais pas nous.

2 mars,

Ten nous emmène à 8 h en direction du Lac au Lotus. Nous avions navigué dessus en pirogue il y a 20 ans, mais ce n’était pas la saison du bloom. pour la première fois, nous profiterons de l’éclosion rose sur l’immense lac, le plus grans Lotus lake de Thaïlande. Les bords du lac ont étét aménagés et des petits bateaux plus stables que les barques en bois vous font faire le tour pour quelques bath. Une heure trente environ de navigation entre les lotus roses. Des piquets ont été plantés afin de garder l’homogénéité maximale à la nappe de fleur et de feuilles. En effet, les embarcatioons et leurs moteurs à longues tiges peuvent sans doute arracher quelques racines du fond du lac. Les pilotes respectent à peu près cela, et la nappe de lotus, dont l’éclosion s’achève bientôt, semble maintenue et développée d’année en année. Les lotus s’ouvrent la nuit, quasiment de minuit à 9/10h du matin. Puis ils se referment pendant la journée. 6H du matin serait la bonne heure. De nombreuses personnes viennent de Udorn Thani (45 minutes de route) pour le voir. Le Roi de Thaïlande souhaité développé les lieux et l’attrait touristique de ce « Lotus lake ». Cette immensité rose, flottante, et sa faune volante, toutes sortes d’oiseaux se posant sur les larges feuilles est très étonnante à cette saison.

Retour à la Green gecko avec le petit déj, quelques traversées de piscine, quelques captation de soleil, de lumière, plouf-séchage, plouf-séchage, un lunch de salade du jardin et de salade de papaye, puis départ avec notre véhicule 3 roues sur les routes alentour. Passage à l’ATM du coin, juste à côté d’un Seven eleven (il y en a partout en Thaïlande et sans doute dans toute l’Asie), traversée de villages qui ne voient jamais de touristes ni de blancs dans les parages, surtout pas dans un tel équipage. Nombreuses salutations aux mains jointes, des temples avec des moines. Le passage d’une camionnette de pastèques qui hèle sa clientèle avec un haut parleur…Et nous, les farangs, on nous hèle en agitant la main. Les routes sont bonnes dans l’ensemble, beaucoup plus qu’au Laos voisin où nous avons dû slalomer entre les nids de poules. Les villages ici sont plus entretenus et verdoyants ; ils arrosent.

Nous roulons entre les champs et les rizières. Aux abords du lacs, des cabanes de pêcheurs avec des chinese fish nets en suspension. Le lac sera beaucoup plu haut en saison des pluies. Pour l’instant, il est quasiment au plus bas. Les rizières qui bénéficient d’une irrigation sont déjà extrêmement vertes. Des buffles y pataugent déjà.

Incident de route. Tandis que nous arrivons sur une zone de travaux, nous découvrons une énorme pelleteuse Caterpillar, presque flambant neuf, enlisée jusqu’à la cabine dans une tourbière, et une autre pelleteuse en train de la tirer par la pelle, mais rien n’y a fait. Il a fallu couper la route, creuser un énorme canal de terre, extraire la bouillasse, désenclaver la bête. Il aura fallu une bonne demi-heure de tractage, pelletage, et dégagement avant qu’ils rebouchent le trou de la route et que les différents véhicues bloqués puissent enfin traverser. La patiente et l’agilité des pelleteurs aura eu raison de cette énorme tourbière.

Le 3 mars

On se la coule à la Green Gecko. Le temps de repos et de calme en voyage est souvent négligé ; sauter d’un train à un bus puis dans un avion, négocier les prix, changer d’hôtel, ouvrir et fermer la valise, trouver le resto qui va bien… Un séjour à la Green gecko, où je me sens un peu à la maison tout de même, puisque nous y sommes venus plusieurs fois depuis 20 ans (La Gecko villa d’avant, pour être précis), où nos hôtes prennent tant soin de nous, nous remet d’aplomb.

Ce matin, un peu avant que le soleil mange la terrasse en bois et la piscine, c’est le parfum du frangipanier qui a flotté entre les arbres. Ten en avait planté plusieurs autour de la maison, ils font chacun une dizaine de mètres de haut et sont plutôt en fleurs. Leurs effluves et leurs fleurs nous tombent dessus. Les eucalytus plantés également lors de la construction il y a 20 ans, atteignent sans doute plus de 20 mètre de haut. Leur parfum fuse davantage le soir, surtout dans la chaleur intense et l’humidité. Une volée d’écureuils chahute entre les branches. Les oiseaux du matins n’ont pas tout à fait les mêmes chants que ceux du soir. J’écris sous une pergola en bois, le nez sur la végétation alentours, le ventilateur me brasse un peu l’air au-dessus car la chaleur est montée. Il est 10h du matin.

Petite marche de 5km sur la piste en terre rouge qui coure à droite en sortant de la villa, qui longe le temple, puis tout droit. Grosse chaleur. Puis lunch délicieux comprenant un Mango sticky rice pour les garçons, attention particulière de notre hôte, Ten. Après quelques brasses, un coup de fatigue m’attrappe et je m’étend à l’ombre dans le salon, sur ces matelas en contrebas, si particuliers à la détente. Un épuisement sans doute, un coup de bambou, un abattement…Couplé avec une bonne douleur en haut d’épaule. J’ai bien dû siester un moment et quasiment au réveil, arrive la masseuse requise par Ten. Sur ce même matelas, avec de l’huile et du beaume du tigre, elle va s’en prendre à mon épaule et me fait un full body massage d’une heure trente (500 bath = 14 euros). Encore un dîner splendide préparé par Ten et Jip nous attendent sur la table de la salle à manger.

Le 4 mars

L’aube est fraîche et gazouillante. Tout paraît doux. Un gecko est arroché à notre fenêtre. La cavalcade des écureuils a dû commencer entre les branches du côté de l’entrée. Les eucalytus frissonnent dans un courant d’air. L’eau de la piscine aux faïences vertes n’en frémit même pas. Puis, la lumière commence à apparaître petit à petit sur la gauche, le soleil poind entre les arbres. Lentement, il grignote le deck en bois, transperce les feuilles du frangipanier central. A l’ombre dans ma chambre, je ne le vois pas directement, je distingue juste la progression de son emprise. Les haut-vents des toitures un peu plongeantes protègent les chambres et la salle à manger de ses rayons. A présent, il s’étale sur presque toute la terrasse, et dans ma lassitude qui dure depuis hier, je demeure encore un peu éloignée de lui, je repose en écoutant la faune faire ses salutations au soleil.

La matinée avance et je ne parviens pas à émerger, sortir de l’ombre, affronter le mordant du soleil alors que je suis encore embrumée du cerveau. Les feuilles translucides du frangipanier m’appellent et je résiste. La pénombre, la pénombre salvatrice tandis que tout est encore calme et paisible dehors. repousser le moment de l’agitation, profiter de la léthargie et laisser la nature, la faune et la flores seules, s’occuper de la vie ; ça c’est bon. Surtout ne rien déranger, ne pas intervenir.

Car dans quelques heures, l’incontournable mise en oeuvre va s’enclencher, le retour de la loundry, le paquetage, les valises, le dernier repas et le moment des aurevoirs toujours si délicat. Nous devons quitter notre planque du bout du monde, rouler jusqu’à Udorn Thani, faire les derniers achats, de poivre, de beaume du tigre, puis attrapper le bus du soir pour Vientiane, car demain, c’est le retour vers Paris.

Vientiane- Bangkok, puis Bangkok-Paris direct, ne devraient pas être impactés par la débâcle du trafic aérien dû à la guerre contre l’Iran, et au blocage de tous les aéroports des pays du Golfe…

Le séjour se termine pour moi. Je verse ma larme sur le deck de la Gecko, je suis peu de choses face aux départ – celui du 2 juin 1974, de Douala, ne sera donc jamais dégéré.

Ici, je revois mes enfants courir autour du deck , sauter dans l’eau, galoper dans les allées, ou faire des tours de scooter, ou dans les bras de Ten. Le temps passe.

Paquetage fait et chargé dans la voiture de Ten, les aurevoirs à Charles…notre anglais des rizières, depuis 20 ans, nous quittons les lieux alors que le compteur électrique de la Green Gecko vient de cramer. Cette villa nécessite un entretien permanent.

Nous quittons la piste rouge, traversons les villages, longeons les temples jusqu’à Udorn Thani, environ 40 minutes en comptant une pause au marché pour acheter du poivre vert en grains. Ten nous laisse à l’arrêt de bus. Il y a des tuk tuk partout en cas de besoin et des échoppes sommaires. C’est un peu trash, mais efficace, on nous imprime nos tickets au comptoir, nos valises sont chargées, le conducteur, pas fun, démarre on time. Siège et ventilation ok. Environ 5 euros pour environ 1h30. La route est bonne et le bus roule bien. Au check point Frienchip bridge, il faut 5 minutes pour quitter la Thaïlande et tamponner le visa.

Pour l’entrée au Laos, ce n’est pas la même limonade. On passe par plusieurs guichets, (apporter une photo sinon c’est 100 bath de plus). L’entrée au Laos coûte 40 euros par pers et le temps de faire le visa, le bus part sans toi. Pas de panique! Il y a plein de taxis de l’autre côté du pont pour vous emmener à Vientiane. Ils veulent 600 kip, nous négocions 400 et payons finalement 300 kip devant l’hôel, en plus dans une superbe et immense voiture chinois, « va comprendre, Charles 🙂 »!

Dîner à l’hôtel + ajout d’un extra bed (30 dollars+3% de frais paiement carte). Je m’endors direct tandis que les garçons partent marcher. Ils ne parviendront pas à me réveiller et doivent demander à la réception de venir ouvrir…

Attention yatus ; dans toute l’Asie et pas que, le problème du déchet plastique est prégnant. On en voit partout, ils en utilisent partout, il y a peu de ramassage (de façon infime, quelques bouteilles et cannettes). Emballages, box, sacs, canettes jonchent les sols et emplissent les fossés tant dans les villes qu’à la campagne. Les mesures et les luttes paraissent inexistantes car non prioritaires, évidemment. Y a vraiment du boulot !

Réveill, 4h15, ça pique. Gildas dort profondément « Maman je t’aime, merci d’avoir fait tout ce voyage autour de la terre pour me voir », fais bon voyage. Zeph m’accompagne au taxi, pas jouasse de me laisser partir seule finalement. Ils prennent le train cet après midi pour retourner à Luang Prabang et rester une semaine tous les deux, avant de prendre les direction de Paris pour l’un et Sydney pour l’autre. Bises et bon vol. De l’hôtel à l’aéroport = 15 dollars+3%, à 5hmoins 10, 15 minutes pour l’aéroport, belle pluie sur Vientiane. Il fait nuit. Personne dans les rues. Arrivée trop tôt à l’airport, presque personne rien n’est ouvert. Le comptoir ouvre à 6h. Enregistrement puis carte embarquement. Je monte à l’étage pour la gate 5, passe les contrôles, puis je m’aperçois que l’hôtesse de l’enregistrement a conservé mon billet électronique. Redescendre, le récupérer, elle me dit que de toute façon, il était de côté et qu’elle me l’aurait rendu à l’embarquement. Je repasse les détecteurs, cette fois ils ouvrent mon sac mais ne trouvent rien, puis il faut à nouveau remplir le bordereau pour sortir du pays et passer la douane. Assise gate 5 comme demandé pour attendre l’embarquement, je vais chercher un thé thé laotien (44 000 kip), plutôt imbuvable. Ciel qu’on m’apporte un Earl Grey s’il vous plaît !

Tranquille, je lis, quand soudain arrive un groupe de chinois. Les re-voilà, nos amis les chinois, un vrai bordel, une cacophonie, ils parlent fort, mangent grignotent, s’invectivent. Peut-être ne sont-ils pas gâtés par leur langue qui écrite, nous fascine à juste titre, quelle beauté, mais le langage parlé n’existe pas. C’est plutôt une langue « criée ». Ils bloquent les allées, renversent en passant les affaires des autres, s’interpellent à 20 mètres de distance. Alors quand tu embarques plus loin, à une autre porte, tout de suite le calme revient.

Laos Airline flight 7h40, on time. Décollage pour Bangkok, la pluie s’est arrêtée. Embarquement rapide efficace. Passé les nuages, un petit soleil matinal et en bas, la Thaïlande, un peu brumeuse néanmoins. Dans l’avion à côté de deux américains de Chicago origine Vientiane pour elle et Saïgon pour lui. Tous deux américains. Elle dentiste, lui vegan ; bonne définition!

Service à bord un thé sans goût, sandwiche et yaourt marqué en vietnamien, ça passe tout juste. A peine servi, débarrassé, L’avion commence à descendre. Temps de vol 1h15. Attérrissage impeccable.

Attention, à Bangkok, le bagage est bien enregistré pour CDG Paris, mais il faut aller au comptoir des transferts pour faire sa carte d’embarquement pour le vol Air France. Ils ne peuvent pas la faire de Vientiane. C’était pareil à l’aller => pendant l’escale, il faut aller au comptoir transferts réaliser sa carte d’embarquement suivante. Et là, je tombe sur le gros con. Tu as 2 heures d’escale et juste le temps pour traverser l’immense aéroport de Bangkok et le gros con, genre gros laotine joufflu qui a du pouvoir derrière son guichet, te dit que tu devrais plutôt annuler ton vol car tu ne l’auras pas et qu’il ta expliqué donc c’est tout, tu dégages. Heureusement, au bureau de l’info, les filles étaient toutes adorables et bienveilantes et ont démêlé l’affaire en moins de 15 minutes.Il faut du temps pour traverser cet aéroport, sauf que le vol Air France est parti avec 1h de retard, donc j’avais tout le temps qu’il faut. Hormis le fait qu’il faille ces jours-ci contourner l’Iran, qui se trouve vraiment d’ordinaire sur la trajectoire, comme c’est un direct vers Paris – 11/12 heures de vol – ben quand tu es dedans, tu regardes 6 films et hop débarquement, bagages + taxi, tu es chez toi en une heure. Un peu dans le coltar tout de même.

J’ai adoré les nuits d’Asie,

Grouillant d’insectes voraces et de criquets qui stridulent,

Quand montent les parfums du soir après la pluie de mousson,

Quand flottent les vapeurs tièdes sur le damier obscur de la rizière,

Qui fleure le jasmin et l’encens déposé au pied d’un Bouddha bienveillant.

A l’heure des buffles et des sauts des grenouilles sur les nénuphars.

La balustrade ouvre sur les rangées d’hévéas.

Le hamac tangue en terrasse quand défilent les heures lasses.

(Extrait du poème J’ai adoré les nuits – Isabelle Bois Cras)

 

 

Work in progress – fautes embarquées, sorry – 


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